15-02-2026
Article rédigé par Philippe Ochin et Yves Bongarçon et la traduction de Geneviève F. Bongarçon
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Le 25 juillet 1984, le quartet de David Grisman - David Grisman (mandoline), Jon Sholle (guitare), Jim Buchanan (Fiddle) et Rob Wasserman (contrebasse)- jouait au cloître des Jacobins à Toulouse. Anouman le groupe formé par Patrick Portales (guitare), Yves Rossignol (contrebasse), Jean Darbois (violon), et Bernard Minari (mandoline) assurait la première partie. Philippe Ochin et Yves Bongarçon étaient les journalistes du jour et Geneviève F. Bongarçon la traductrice. Cet interview a été publié dans la revue Back Up, revue fondée en 1982 par Joel Herbach. Retrouvez ici l'intégralité des échanges avec David Grisman qui montre ici son ouverture d'esprit et son humour.
Back-UP (BU): Le départ de Mike Marshal et Darol Anger annonce-t-il une nouvelle étape dans votre propre carrière musicale ?
David Grisman (D.G) : Je l'espère ; je dirais plutôt que c'est l'arrivée de Jon Sholle et de Jim Buchanan qui représente une nouvelle étape de ma carrière musicale. Quant au départ de Mike et Darol, c'est une nouvelle étape pour leurs propres carrières musicales.
B.U : Pourquoi avez-vous engagé Jon Sholle et Jim Buchanan pour cette tournée et seront-ils des membres à part entière du Quartet dans le futur ?
David Grisman : Je les ai pris parce qu’ils travaillent pour par cher ! et parce qu’ils sont sympas ! (Rob Wasserman sort une pièce de 1 franc de sa poche et lui dit : « This is the pay for today). Non en fait, c'est pour la même raison qu'Orson Welles utilisait Joseph Cotten, ce sont les meilleurs types pour la musique que l'on fait.
B.U : Chaque fois qu'un musicien du groupe vous a quitté, votre champ musical s'en est trouvé élargi...Tony Rice, Mike Marshall, Darol Anger...Est-ce qu'il en sera ainsi dans le futur et est-ce là votre façon de ne pas tomber dans une schlérose musicale ?
D.G : Oui, je le crois. Je suis condamné à jouer ma propre musique toute ma vie. Quand il y a longtemps qu'un musicien est avec moi, il lui arrive d'avoir envie de faire autre chose. C'est sûr que ça ne m'aide pas dans ma musique. C'est bien d'avoir des musiciens qui trouvent de l'intérêt à jouer ma musique. J'aimerais ne pas avoir à changer de musiciens tout le temps, mais bon, c'est ce qui m'arrive. Dans mon premier groupe, ceux qui ont commencé à travailler avec moi ne savaient pas trop ce qu'on allait faire. On a fait du bon travail, on a donné le meilleur de soi et de nouveaux musiciens sont arrivés qui connaissaient bien ma musique. Dieu merci, je continue à essayer de faire des progrés, mais je dois reconnaître que j'aimerais garder les musiciens le plus longtemps possible.
B.U : Sur vos deux derniers disques, Dawg Grass Dawg Jazz et Acoustic Christmas, votre musique ne ressemble plus à de la dawg musique.
D.G : Ah bon ? Je ne sais pas. Si vous le dites ! Certains morceaux ne ressemblent pas à ce que j’ai fait avant, peut-être parce que j'avais des instruments différents.
B.U : Oui et la texture des morceaux n'était pas la même. The First Album, Hot Dawg et Quintet étaient vraiment de la dawg musique. Et avec Stephane Grappelli, c'était jazz.
D.G : Je n’aime pas ces mots pour moi, c'est tout de la dawg musique. C'est mon nom, même si sur Dawg Grass/Dawg Jazz j'avais envie qu'une face soit plus jazz et l'autre plus bluegrass. Sur l’album Acoustic Christmas, il s'agit avant tout de matériel familier. Je n'ai pas écrit les morceaux, c'est pour cela qu'ils sont différents. C'était aussi un album " concept " de musique de Noël et j'ai utilisé différents arrangements pour des morceaux traditionnels par exemple.
B.U : Et le prochain disque, celui que vous préparez ?
D.G : Il va être vraiment différent. Il y a de la batterie sur tous les morceaux. Les morceaux sont différents aussi, et il y a deux nouveaux musiciens. Peut-être que j'aurais dû l’appeler Quintet 85. C'est un nouveau quintet avec un batteur. L'album s'appelera Acousticity.
B.U : Aurez-vous la batterie sur scène alors ?
D.G : Peut-être à l’occasion de certains concerts. Le batteur est vraiment particulier ; il s'agit de Hal Blaine. Il a joué sur les premiers Phil Spector, les Mamas and Papas. Il a joué sur 119 disques d'or : Like A Bridge Over Trouble Water, Elvis Presley, Frank Sinatra, et sur la Dawg.. Il est excellent, il peut jouer vraiment n'importe quoi.
B.U : Sur Here Today, vous êtes revenu au bluegrass traditionnel et vous avez prouvé, à notre avis, que vous êtes toujours le plus grand mandoliniste américain.
D.G : Ah !? Bill Monroe est le meilleur.
B.U : Mais c'est un style différent.
D.G : Tout le monde est différent. Mais on ne peut pas battre Monroe sur son propre terrain. C'est pour ça qu'il reste le plus grand.
B.U : Est-ce que cette expérience de revenir au bluegrass traditionnel correspondait à un besoin de revenir à vos racines, ou bien est- ce que le public le demandait, ou encore était-ce juste pour vous amuser?
D.G : C'était pour s'amuser. Mes racines sont d' Europe de l'Est, musique juive je suppose. Non, je blague, en fait, je ne sais pas quelles sont mes racines. Tout le monde dans le groupe aime le bluegrass, et même si on fait une autre musique, on sait qu’on aime le bluegrass et qu'on a du plaisir à en jouer. C'est énorme, primordial, parce que nous prenons plaisir à faire ce que nous faisons. Vous savez, on ne devient pas très riche avec le bluegrass. La plupart de mes fans, enfin pas tout le monde mais beaucoup quand même, me disent: "J'aimerais que tu reviennes au bluegrass ". De toute façon, je suis une sorte de hors la loi du bluegrass.
B.U : Quels souvenirs gardez-vous de Clarence White, de l’homme, de sa musique ?
D.G : Surtout de grandes sensations.
B.U : Avez-vous fait beaucoup de jam sessions avec lui?
D.G : Pas mal; quand j'étais jeune, j'ai joué une semaine avec son groupe, les Kentucky Colonels, en 1964...et ils sont tous restés mes amis. Ensuite, je n'ai plus vu Clarence White pendant plusieurs années, puis nous avons fait ce disque (Muleskinner) quelques concerts.La dernière fois que je l'ai vu, on a fait quelques vocaux en studio. C'était deux ou trois mois avant sa mort.
Ça a été une tragédie, surtout dans mon coeur.
B.U : Est-ce vrai que vous avez donné des cours de mandoline à Bob Dylan?
D.G : Oui, c'est vrai. C'est une drôle d'histoire. Je donnais des cours de mandoline dans une école de musique, et le type qui dirigeait l'école avait de drôles d'idées sur la façon de diriger une école. Avez-vous déjà entendu parler de E.S.T.? C'est une sorte de "mind control organisation" (organisation pour le contrôle de l'esprit) J'avais eu une dispute avec lui, car je n'étais pas d'accord avec ses idées. Il m'avait mis à la porte ou j'étais parti, je ne me souviens plus. Pourtant c ‘est lui qui m’avait demandé d'enseigner. Mais bon, on ne s'est pas entendu. Le lendemain de mon départ, le téléphone sonne et je dis à mon amie " si c'est un étudiant pour la mandoline, je ne veux pas lui parler ". Vous comprenez, je venais juste de quitter l'école. Elle est revenue en me disant " tu ne vas pas me croire, mais ce type dit qu'il est Bob Dylan et qu'il veut des cours de mandoline ", j'ai cru qu'un de mes amis me faisait une blague. J'ai pris le téléphone et en effet, c'était bien Bob Dylan. Il m'a dit qu’il était à quelques kilomètres de chez moi et qu‘il voulait me voir. C’est comme ça qu'il est venu. Il est resté trois jours.
B.U : Lors de sa dernière tournée européenne avec Carlos Santana, nous avons été très surpris d'entendre, pendant l'entracte, des morceaux de Bill Monroe, Hank Williams et Flatt et Scruggs.
D.G : oui, ça ne m'étonne pas. En fait, c'est moi qui ai présenté Bob Dylan à Bill Monroe. J'étais chez Richard Greene, avec le Great American Music Band et on a fait un concert au Palomino Club avec Bill Monroe. On faisait la première partie de Bill Monroe. J'ai donc invité Bob Dylan qui me posait sans arrêt des questions sur le bluegrass et Bill Monroe, et je lui ai suggéré de
le voir, et même de faire la tournée avec lui ! Donc après le show, Bill est descendu de scène pour aller chercher Bob Dylan et ils ont repris ensemble
la chanson I Saw The Light. Mais Bob Dylan a vite abandonné la mandoline ; il disait que c'était trop dur...(éclats de rire. Je lui ai d’ailleurs dit qu’il devrait essayer d'améliorer la guitare sur ses disques ! (nouveaux éclats de rire)
B.U : Etes-vous toujours chez Warner Brothers et comment cela a-t-il commencé ?
D.G : Oui, il a fallu que je leur donne pas mal d'argent...non ! J’étais chez Kaleidoscope Records. Tommy Li Rema ( le producteur de Georges Benson) commençait un nouveau label pour A&M, le label A&M Horizon (le label de Hot Dawg).Je pense qu'il a été impressionné par les ventes de mes disques, donc il m'a fait signé sur Horizon. Aprés Hot Dawg, alors que je commençais un autre album - j'avais deux albums à faire, il m'a téléphoné, disant qu'il quittait Horizon. Il retournait chez Warner Bros et il souhaitait que je vienne aussi chez Warner. Je ne voulais pas quitter Horizon parce que j’avais un contrat pour un autre disque avec eux ; eux voulaient que je parte, mais je leur ai demandé de me payer d'abord. Comme ils ne voulaient pas me donner tout l'argent qu'ils me devaient, j’y suis resté quelques mois encore, puis finalement je suis allé chez Warner. Horizon avait conclu un accord avec eux et depuis, j'y suis. Warner Bros est une grande société qui distribue très bien les disques, mais ils ne cherchent pas réellement à me promouvoir. Je n'en suis pas sûr mais je pense qu'ils vont me virer aprés mon prochain disque. Je crois qu'ils voudraient bien que je parte maintenant, mais je ne peux pas. Je voudrais d'abord être payé pour ce disque. Mais s'ils me payent, ils vont avoir le disque bientôt, alors...D'habitude, ils essayent d'offrir de l'argent, mais ce n'est pas suffisant.. Je n'aime pas changer de label tant que je n'ai pas terminé le disque suivant ; c'est comme pour les membres du groupe et les road-managers (éclats de rire des musiciens). Non, mais c'est vrai, on n'aime pas changer quelque chose dans le groupe tant qu’on ne sait pas comment ça va se passer après.
B.U : Est-ce pour cela que vous êtes revenu chez Rounder pour Acoustic Christmas ?
D.G : Non, Warner Bros ne voulait pas faire Acoustic Christmas . Ils m’ont autorisé à le faire pour quelqu'un d'autre, mais je suis toujours sous contrat chez eux. Pareil avec Andy Statman et Here Today. Je suis obligé de leur proposer d'abord de le faire chez eux, mais eux ne sont pas du tout obligés de me laisser enregistrer chez un autre label. En fait, ils m'ont laissé faire parce qu'ils ne se rendent pas vraiment compte de ce quinse passe avec ce genre de musique.
B.U : Il y a quelques jours, nous écoutions un compositeur anglais contemporain, John Foulds, qui a écrit The Quarteto Intimo et j'ai été surpris de la relation qu'il y a entre la dawg musique et la musique classique contemporaine. Etes-vous influencé par la musique classique autant que par le jazz ?
D.G : Je n'ai jamais entendu John Foulds, mais peut-être en effet suis-je autant influencé par la musique contemporaine. J’aime tous les genres de musique. Je pense que Mando Mondo a quelque chose de classique. J’aime beaucoup la musique classique et j’aime l’interprétation (en opposition à la l’improvisation) mais là aussi il y a un monde de différence. Je veux dire, juste lire les notes...
B.U : Quelles étaient vos intentions quand vous avez enregistré Mandolin Abstractions avec Andy Statman?
D.G : Nos intentions ? Vendre un million de disques ! Non, en fait, c'est le disque le moins commercial que j'ai fait. Andy et moi sommes de vieux amis, mais on ne se voit pas souvent. Quand on se voit, on n'a généralement pas beaucoup de temps; on s'assied et on joue un peu; on aime bien et on se disait toujours qu'il fallait enregistrer. C'est pour ça qu'on a décidé de
faire une cassette, mais on voulait que ça soit spontané. Je suis allé au studio la veille avec Mike Marshall et on a préparé les micros. On n'a pas répété du tout ; on n'a rien joué avant de commencer l'enregistrement. Et le premier morceau de cet album est réellement le premier qu’on a joué. En deux jours, on a fait 27 morceaux. Au début, je croyais que j'allais devoir couper pas mal de morceaux. J'ai écouté l'enregistrement plusieurs fois et j'ai décidé de ne rien supprimer. Il y a des choses qui me semblaient être des erreurs mais ça n'en était pas; il s'agit de trucs qu'on aurait fait différemment une autre fois. C'était expérimental; mais comme ça coûte cher de faire ça, j'ai pensé à vendre la cassette à Rounder. Ça a quand même été une expérience réussie. J 'ai demandé à mon nouveau manager si ça pouvait nuire à ma carrière : en fait non. Je voulais même faire un double album, mais il m a conseillé de commencer par un simple.
B.U : L'album se vend bien aux Etats-Unis?
D.G : Je ne sais pas exactement. Bon d'accord, il y a mon nom dessus, mais c'est quand même un disque à part. Il y a des moments d'inspiration pure. Je viens juste de lire une critique dans une revue anglaise (Acoustic Review) et le type qui a écrit l'article, j'ai oublié son nom, n'a pas du tout aimé cet album. Je lui ai expliqué que ça s'était fait spontanément, mais lui m'a rétorqué qu'il ne savait pas si c'était une excuse. Il m'a aussi demandé ce que j'avais fumé sur cet album. Par contre, il a fait une bonne critique du Christmas album. J'avais songé à lui écrire pour lui dire que sur le Christmas je fumais exactement la même chose que sur Mandolin Abstractions, ce que je fume tous les jours de ma vie d’ailleurs, la meilleure marijuana que je puisse trouver (éclats de rire) Cela dit je comprends que cet album soit difficile à digérer pour certaines personnes. Je pense qu’Andy est fantastique, c'est le musicien le plus spontané qui soit. Cet album n'est pas du tout ennuyeux à mon avis, chaque morceau est différent, mais je comprends qu'on puisse le critiquer.
B.U : Comment êtes-vous perçu sur la scène jazz et la scène bluegrass aux Etats-Unis?
D.G : Peut-être que je me trompe, mais je crois que beaucoup de gens ignorent à quel point j'aime le jazz. Il y a beaucoup de gens qui aiment toutes les sortes de musique. Quand je participe à un festival de jazz, je ne change pas tellement mon spectacle, mais je demande toujours si les gens aiment le bluegrass et les autres musiques. Et en fait beaucoup de gens sont très ouverts. Ce sont les critiques qui font la séparation entre les genres, ceux qui écrivent dans Down Beat et Bluegrass Unlimited.
B.U : Ferez-vous encore des musiques de film ?
D.G : Je ne sais pas. J'ai fait un album avec la musique du film King of
Gipsies mais il n’a jamais été mis en vente. Je ne sais pas s'il sera pressé un jour, parce que cela coûte cher. L’album est très bien, avec Andy Statman, Stephane Grappelli...Mais je n'ai pas aimé le film.
B.U : Quand David Grisman ne joue pas de la dawg musique et range sa mandoline, qu’écoute-t-il ?
D.G : J'aime la musique, tous les genres de musique. J'ai une immense collection de disques.
B.U : Et Didier Lockwood ?
D.G : J'aime bien ce qu'il fait. Nous avons joué ensemble au Canada, avec Philippe Catherine et Christian Escoudé. En fait, il n'y a que deux sortes de musique, la bonne et la mauvaise. J’aime la bonne musique..
B.U : Avez-vous écouté le nouvel album de Mark O’Connor ?
D.G : Oui et je l'ai beaucoup aimé. Bien qu'il ait été très critiqué, pour moi, c'est son meilleur disque. Beaucoup de gens pensent que c'est de la masturbation intellectuelle...non, c’est vrai , c'est ce qu'ils disent ! Mark est vraiment un musicien fascinant et c'est incroyable qu'il puisse jouer de tous ces instruments.
B.U : Nous connaissons tous votre admiration pour Bill Monroe, le Père
du Bluegrass, mais que pense Bill de votre musique ?
D.G : Il faut le lui demander. Je pense qu'il ne l‘a jamais écoutée.
B.U : Parce que Doc Watson nous a dit que la dawg musique est la musique instrumentale qu'il préfère...
D.G : J'apprécie... Bill n'admet pas qu'il existe une autre musique que le bluegrass. Une fois, j'emmenais Bill qui jouait dans un club de bluegrass à San Francisco. Il m'a demandé des nouvelles de Richard Greene. Je lui ai répondu qu'il allait bien. Il a ajouté: "a-t-il toujours les cheveux longs ? Ce garçon avait de très beaux cheveux quand il jouait avec nous, mais ils ont trop poussé ". Je lui ai fait remarquer que Beethoven aussi avait les cheveux longs. Alors il m'a dit: " Beethoven ? Qu'est-ce qu'il a fait? " J'ai répondu: " Oh rien, il a juste écrit quelques mélodies, comme vous, et des symphonies ; c'est juste un musicien, mais il n'a pas fait grand chose " . Mais Bill est toujours content de me voir. Encore récemment, on a joué ensemble.
B.U : Et Stéphane Grappelli ?
D.G : C'est un musicien unique. Il est stupéfiant et c'est fantastique qu'il continue à jouer après toutes ces années et qu'il ait toujours autant d'énergie. Il est hors pair. Quand il nous quittera, il n'y en aura plus comme lui. C'est lui qui peut émouvoir avec la plus grande tristesse; personne ne peut jouer comme lui, avec cette sorte de mélancolie. Il donne envie de pleurer ; c'est très beau. Par ailleurs, c'est aussi quelqu'un de très drôle, il a énormément d'humour.
B.U : Quels conseils donneriez-vous à un mandoliniste?
D.G : Avoir de quoi manger tous les jours, d’abord ! Non, je blague Il faut continuer à jouer. Le monde a besoin de mandolinistes.
B.U : David, merci beaucoup.
B.U : Merci à vous aussi !
- Bonnes questions à un très bon client. Super