29-12-2025
Article rédigé par Hervé de Sainte Foy
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Nous connaissons Tristan de Sainte Foy, violoniste et actif sur la scène bluegrass lyonnaise, savez-vous que son père Alain et son oncle Hervé ont fait partie des pionniers du bluegrass en France ? Dans ce deuxième article, c'est cette fois-ci Hervé de Sainte Foy, le contrebassiste, qui nous raconte ici ses débuts de musicien oldtime et bluegrass.
Voilà que mon frère Alain me convoque dans nos souvenirs de jeunesse et pour cela je remonte loin dans le temps...
Les deux derniers d'une grande fratrie, nous partagions la même chambre et les mêmes jeux ainsi que le scoutisme. De retour d'un camp, Alain s'est mis au banjo et il s'en est suivi, en 1965, l'enregistrement avec les scouts d'un 45 tours avec quatre chansons américaines traduites en français. Comme il était passionné par Pete Seeger et son banjo, nous sommes allés le voir deux fois en concert à Paris. L'artiste étant très accessible, Alain a ainsi pu lui demander comment il accordait son banjo et, surprise, c'était un banjo 5 cordes. Il lui a recommandé cet instrument ainsi que l'ouvrage de sa méthode rouge.
Sur l'insistance de mon frère, j'ai décidé d'acquérir à mon tour un instrument de musique. A deux c'est plus rigolo, n'est-ce pas ? Chez un luthier de la rue de Rome à Paris, j'ai eu le coup de foudre pour une contrebasse, à cause de la beauté de l'objet. Ce n'était pas n'importe quelle contrebasse puisqu'elle revenait du tournage d'un film où elle avait joué la star avec les Demoiselles de Rochefort. Une vieille dame de 1850 habituée aux orchestres symphoniques.
De son côté Alain avait acquis un banjo Framus 5 cordes. On s’est mis au travail, on a appris ensemble, chacun dans sa partie. J'ai dû me débrouiller seul avec cet instrument un peu ardu et si mon frère ne m'avait pas houspillé de temps en temps, j'aurais peut-être abandonné la partie.
En 1971, on a fondé un groupe qui est devenu l’Old Bluegrass Band avec Bernard Lablaude et Denis Gasser (cf l’article de mon frère Alain). Nous avions enregistré des morceaux sur une bande qui a malheureusement disparu.
Le Festival de Bluegrass de Paris, en 1971, a été déterminant pour nous : Alain y a rencontré Jean Marie Astoux, pour lui l’Earl Scruggs français, qui est devenu son mentor et ami pour la vie. Quant à moi, j'y ai rencontré Mick Larie, notre Bill Monroe français, qui m'a coopté pour être dans son groupe. C'est ainsi que je l'ai suivi dans différents groupes par plaisir de jouer avec ces musiciens si talentueux et surtout par amitié pour ces personnalités si attachantes qui ont été les pionniers du Bluegrass en France.
Que de rires et de joies ensemble ! De spectacles divers en tournée aux Etats-Unis. Ils étaient tellement intégrés à ma vie que nos parents qui les voyaient passer à la maison de temps en temps ont invité le Fifteen Strings Band en vacances dans leur propriété de Franche-Comté. Peut-on avoir des parents plus compréhensifs ?
J'ai revu Jean-Marie Redon il y a peu, mon autre frère en musique, le si discret et efficace binôme de Mick. C'était émouvant de se retrouver comme si on s'était quittés la veille. Nous avons évoqué nos compagnons de route : Claude Lefebvre, Christian D'Amato, Christian Poidevin, Gilbert Caranhac, Jean-Yves Lozac'h, Claire Liret, Jean-Jacques Milteau, Jim Rooney, Pierre Ménager, Pierre Bensusan, Graeme Alwright et tant d'autres...
Ceux trop tôt disparus : Mick, Jean-Louis Mongin, Eric Kristy, Bill Keith, Marcel Dadi.
Je peux dire que j'ai joué uniquement par plaisir car j'avais un autre métier, la peinture, et je passais directement de l'Ecole des Beaux-Arts au TMS, notre quartier général à saint-Germain-des-prés. Moi aussi j'avais mon « violon d’Ingres ».
- Merci Catherine Colleu pour ta patience, amitiés, Alain
- Tristan de Sainte Foy, fiddle, joue « Ace of Spades » avec les autres musiciens
Rassemblés sous le nom de « The Sainte Foy Family Réunion » en 2009, parmi les
30 groupes du double CD. Réalisation : Christian Labonne et Gilles Rézard. Alain SF 





